Bonjour,
j’ai décidé au plan national de rejoindre le rassemblement « Europe
écologie » pour les élections européennes du 7 juin Non membre des Verts,
appartenant à la « mouvance citoyenne », j’ai estimé que le large
rassemblement animé par Daniel Cohn Bendit était la seule manière pour moi
d’affirmer les valeurs d’une gauche humaniste, ouverte, démocratique et
européenne que je porte en particulier en ma qualité de responsable associatif
engagé dans la lutte contre l’exclusion depuis 25 ans, élu des employeurs de
l’économie sociale et militant politique, président du Collectif citoyen 95 qui
est présent, seul ou en alliance avec d’autres à chaque fois que possible à
tous les scrutins locaux sur Cergy Pontoise et les circonscriptions et
arrondissements alentours depuis 2002. Pour moi l’heure et l’urgence sociale
sont à soutenir les initiatives de rassemblement de ce type à un moment où plus
que jamais nous avons besoin face à la crise qui touche de plus en plus de nos
concitoyens d’Europe politique, d’écologie, de démocratie locale, nationale et
européenne participative, de fraternité et de solidarité. Je participerai donc,
à ma place, au comité local de ce rassemblement sur le secteur de Cergy
Pontoise Jean Pierre ZOLOTAREFF, 06 08 69 93 20 – jpzolo@wanadoo.fr
www.citoyen95.fr
Pour + d’infos ci-dessous le Manifeste dont je suis signataire + le
site : www.europeecologie.fr
le manifeste Europe Ecologie : le Manifeste Changer d’ère L’histoire
est en suspens car la déraison s'est emparée du monde. Comme en témoignent
brutalement les dérèglements des mécanismes financiers, la croissance de la
famine, l’aggravation des inégalités ou l'emballement du bouleversement
climatique, l'humanité s’est mise en situation de perdre la maîtrise de son
destin. Nous sommes parvenus à ce moment-clé où tout peut basculer, jusqu’à
l’irréversible, ou, au contraire, favoriser un sursaut pour construire une
nouvelle donne dont l’Europe devienne le creuset. Soit la trajectoire
d’effondrement dans laquelle s’inscrit la mondialisation du tout marché et de
la prédation aveugle se prolonge, et l’on verra la conjonction des crises -
écologique, énergétique, alimentaire, financière, économique, sociale,
identitaire - précipiter la planète dans une régression sans précédent ;
soit les sociétés humaines se ressaisissent, refusant la spirale de l’excès,
des fractures sociales et du découplage avec la nature, et alors surgiront les
forces porteuses des réformes nécessaires pour échapper au chaos et tracer
l’horizon d’une nouvelle espérance. Il est urgent de se rassembler pour y
concourir. Ni demain, ni peut-être. Maintenant et résolument ! Ne rien
faire ouvrirait la porte à des politiques autoritaires pour gérer les pénuries
ou les conséquences des migrations d'origine climatique. Agir, c'est éviter la
barbarie pour choisir la civilisation. Nous n’avons plus le temps. Tous les
indicateurs sont au rouge. Notre modèle de développement est pulvérisé par les
faits ! Aveuglé par l’idéologie de la croissance sans limites, dopé par le
laisser-faire du libéralisme, le système productiviste fonce tout droit vers la
catastrophe, tel un bateau ivre. Partout l’insécurité sociale grandit. Le
progrès perd son sens au profit d’une montée de l’insignifiance et d‘une
destruction du vivant. L’humanité avance vers son désert. D’autres orientations
économiques et sociales s’imposent. D’autres choix de société sont
indispensables. Une autre politique est possible: celle de la responsabilité.
Le devoir d’équité universelle, l’attachement au vivant sous toutes ses formes,
la nécessité de réduire l’empreinte écologique sur les ressources et les
équilibres naturels commandent de changer d’ère. Il faut entrer sans plus
tarder dans un nouveau monde, celui d’une profonde mutation écologique et
sociale de civilisation. Celle-ci s’appuiera sur les valeurs de sobriété, de
mesure et de modération, de partage, de solidarité et de démocratie, a
contrario des aliénations marchandes et des violences économiques qui
contaminent les écosystèmes, destructurent les sociétés, écrasent les
diversités culturelles et broient les individus dans la compétition du toujours
plus et les frustrations permanentes. Comment construire une alternative au
désenchantement du monde ? Comment rendre désirable un changement basé sur
l’épanouissement personnel et le mieux être collectif ? Nous proposons un
choix : celui d'une régulation des activités tournées cette fois vers
l’humain et la réconciliation avec la nature.
D’abord, il faut rompre ! Rompre avec cette logique autodestructrice.
Rompre avec les impostures de l’accompagnement social et écologique d’un
système condamné ; rompre avec les illusions qui tentent seulement d’en
corriger les débordements et qui s’épuisent à réguler l’irréversible ;
rompre avec le fatalisme qui conduit à s’accommoder d’une situation douloureuse
pour la majorité des hommes et des femmes de la planète et pour l’avenir de nos
enfants. Nous ne sortirons pas de l’impasse par des faux semblant, en ânonnant
des adaptations à la logique dominante ou à coups de timides ajustements
sectoriels. Rompre, c’est s’en prendre enfin aux racines, au sein du système
économique et social comme au coeur de nos pratiques individuelles ; c’est
modifier l’architecture de la mondialisation aussi bien que transformer
l’imaginaire de chacun. Agir sur les structures de nos sociétés et travailler
en même temps à une insurrection des consciences, voilà les deux défis à
relever pour éviter une désagrégation tout azimut et, au final, la défaite de
l’homme. L’urgence commande donc de réunir les conditions collectives pour que
la trajectoire humaine s’engage sur une autre voie. Autre projet de société,
autre modèle de civilisation… le chemin passe par la refondation progressive et
pacifique de nos manières d’être et de vivre, ensemble et individuellement. Ni
surenchère utopique, ni ivresse révolutionnariste, l’objectif que nous devons
poursuivre consiste à ouvrir les pistes d’un horizon émancipateur, redonnant
sens au progrès et consistance à l’espoir. Nous n’affichons ni lendemains qui
chantent ni programmes miracles. Nous affirmons seulement un autre choix :
celui d’une nouvelle régulation, fondée sur l’impératif écologique et social,
dont la déclinaison devra être établie démocratiquement dans chaque domaine
impliquant la communauté humaine. Notre démarche consiste à opposer pied à pied
des alternatives aux logiques destructrices et spéculatives, à trier entre ce
qui est possible et ce qui ne l’est plus, à rassembler les énergies pour que la
société s’engage dans une transition vers un monde qui, à défaut d’être
parfait, restera viable pour tous et se montrera plus juste au plus grand
nombre.
L’enjeu est tel et son urgence si prégnante que nous ne pouvons plus
consentir à la tradition des jeux de rôle auxquels la représentation politique
se complaît, avec ses rabâchages traditionnels qui pétrifient le futur et ses
crispations claniques qui dévalorisent les consciences. Quelques soient leurs
référentiels idéologiques, les partis politiques dominants bégaient devant les
défis du nouveau siècle, refusant l’obstacle du grand tournant nécessaire. Ils
restent liés à un type de développement insoutenable, fondé sur le mythe d’une
progression exponentielle des richesses et, au final, sur le diktat absurde de
la croissance pour la croissance. Chacun à leur façon, ils persévèrent dans la
reproduction de mécanismes de plus en plus aliénants. Par conséquent, le verrou
que les forces politiques dominantes imposent à la société doit être débloqué.
La plupart des politiques ne sont pas en phase avec le temps de la rareté qui
s’annonce. Ils sont les produits d’une époque révolue au cours de laquelle, de
la Révolution industrielle aux Trente Glorieuses, la croyance folle en
l’abondance inépuisable s’installa. Elle consacra la domination de l’avoir sur
l’être et de l‘économique sur le politique. La matrice commune des partis
politiques, forgée au culte de la croissance infinie et à tout prix, imprégnée
de dévotion scientiste et de bigoterie technologique, les rend sourds aux
interpellations de la modernité. C’est pourquoi ils ont obstinément nié les
alertes lancées depuis trente ans par les écologistes.Vivre avec son siècle
consiste aujourd’hui à prendre conscience que l’âge du gaspillage et de
l’inconséquence est terminé, que l’autorégulation du marché est un mirage, que
la réalité est désormais surdéterminée par la crise écologique et
l’approfondissement des inégalités sociales. Parce qu’ils entendent continuer
de conduire l’avenir avec leurs promesses obsolètes et leurs réflexes
sclérosés, ce sont ces partis hors d’âge qu’il faut maintenant contester,
électoralement et démocratiquement. Nous ne nous résoudrons jamais au futur que
le fondamentalisme marchand et l’aveuglement des inconditionnels de la démesure
dessine : un apartheid mondial dans la répartition des ressources et la
destruction de la nature.
C’est pourquoi il s’agit de développer un nouvel espace politique au sein
duquel ceux et celles qui se rassemblent dans leur diversité traceront la
perspective d’un nouveau projet de société. Celui-ci n’est pas hors d’atteinte.
Il repose sur l’aspiration grandissante des populations à vivre autrement que
dans l’accumulation, le factice ou les dettes et sur la montée de l’exigence
citoyenne pour une répartition équitable des richesses et un juste échange
entre les peuples. Ce modèle alternatif n’est inscrit dans aucun dogme ni
bréviaire, même s’il est attaché aux meilleures traditions humanistes, en
particulier l’opposition radicale au racisme, à l’antisémitisme, au sexisme et
à toute forme d‘ostracisme et de domination. Il se construira pas à pas, à
partir des besoins de bientôt sept milliards d’individus, de l’intérêt
collectif des peuples de la terre, de la protection des biens communs et de
l’extension des services publics, du partage des ressources et du respect des
équilibres du vivant. Il se fondera sur les valeurs de justice sociale et de
solidarité planétaire, de sobriété et de conscience des limites, de droits
humains et de dialogue démocratique. Il orientera progressivement les activités
vers une réduction de l’empreinte écologique, impliquant de nouvelles façons de
consommer, de produire, de se déplacer, de travailler, d’échanger, d’innover,
d’habiter les villes et les territoires et de faire ensemble société. Il
encadrera rigoureusement les mécanismes du marché et leurs prolongements
financiers. Il stimulera la recherche scientifique et la créativité
industrielle selon une perspective compatible avec les besoins réels et les
limites de la biosphère. A nouveau projet de société, nouvelle régulation
économique et sociale. Il s’agit de penser l’organisation de la société selon
le principe de durabilité, intégrant à la fois l’impératif écologique et celui
de la justice sociale : durabilité des ressources et des équilibres
naturels, durabilité, dans leur diversité culturelle, des systèmes économiques
de demain, des contrats sociaux et des modes de vie. Autrement dit, il s'agit
d'engager des réformes incompatibles avec l’hégémonie productiviste et
consumériste qui précipite les dégâts écologiques et sociaux à coups de
dérégulation, de financiarisation, de marchandisation et d’uniformisation. Nous
en connaissons les principaux instruments qui feront l'objet de la plateforme
électorale des listes Europe Ecologie : décroissance des flux de matière
et d’énergie sans recours au nucléaire ou aux agrocarburants, nouvelle donne
économique basée sur la proximité des échanges, les énergies renouvelables et
la fonctionnalité qui privilégie l'usage des biens à leur achat, nouveaux
indicateurs de richesse, encadrement du marché selon des critères écologiques
et sociaux, contrôle des mécanismes financiers, renforcement de l'économie
sociale et solidaire et des services publics (services d’intérêts généraux
selon la terminologie européenne) dans les secteurs clés de la vie collective
(énergie, transports, santé, logement, éducation, télécommunications,
solidarité sociale), mise en place d’une fiscalité intégrant le juste prix
écologique et réorientant les comportements et les investissements,
sanctuarisation des biens communs de l'humanité (l’eau, l’air, les fleuves, les
océans, les ressources halieutiques, les forêts, les zones humides et les
sols), protection de toutes les espèces du vivant, encouragement au travail
paysan et aux agricultures respectueuses des terroirs, de l’environnement et de
la santé, refus de la brevetabilité du vivant et des risques de contamination
par les OGM ou les pesticides, modification d’un aménagement du territoire axé
sur l'étalement urbain et la sectorisation, réorientation de la mobilité des
hommes et des marchandises vers les moyens de transports doux, le rail et les
voies d’eau, mobilisation de la recherche scientifique pour favoriser les
applications technologiques à la mutation écologique, coopération et
co-élaboration avec les pays du Sud, droit à la souveraineté alimentaire,
développement des relations internationales sur la base de l’apaisement des
conflits, défense des droits fondamentaux de la personne (droit d'asile, droit
de vote aux résidants issus de l'immigration...) et des libertés individuelles,
extension de la démocratie par les voies participatives, renforcement des
pouvoirs de la justice vis-à-vis des paradis fiscaux et des pratiques
mafieuses, respect des territoires et des identités culturelles dans le cadre
d'une Europe fédérale, réduction du temps de travail parallèlement aux gains de
productivité...
Un nouvel espace politique porteur d’une nouvelle politique de régulation ne
peut se concevoir d’emblée qu’à l’échelon européen puisque l’Europe est notre
famille, et sans frontières puisque le monde est notre village. L’Europe doit
d’abord agir sur elle-même. Elle a puisé dans ses ressources naturelles et mis
à sac celles de ses anciennes colonies pour construire sa puissance.
Aujourd’hui encore, elle prélève plus de ressources qu’elle n’en dispose. Son
empreinte écologique, comme celle de l’ensemble des pays industrialisés, excède
la capacité biologique de la planète. En moyenne, chaque habitant de l’Union
européenne utilise au moins deux fois plus de surface productive que la
biocapacité réelle disponible. La réduction de cet impact destructeur constitue
une priorité incontournable. De la même façon, l’Europe doit payer sa dette.
Son développement économique, comme celui des autres pays industrialisés, s’est
effectué au prix d’un renforcement de l’effet de serre global et d’un
prélèvement massif de ressources mondiales. Elle est ainsi devenue un débiteur
écologique majeur vis-à-vis du reste du monde. Cette dette engage l’Union
européenne dans son rapport aux pays du Sud. Ceux-ci doivent pouvoir compter
sur elle. L’Union européenne, malgré les aléas de sa construction et des
pratiques trop souvent technocratiques, a bâti un espace de paix et de
coopération entre les vingt-sept Etats et les quatre-vingt-trois peuples qui la
composent. Elle a su s’interposer comme une force de conciliation dans les
conflits. C’est un formidable acquis, une histoire positive, à rebours des
visions archaïques ou souverainistes qui imprègnent encore ce continent qui
était celui des guerres. Des cultures différentes démontrent qu’elles peuvent
vivre ensemble et s’enrichir mutuellement dans un monde déchiré par la violence
multipolaire et les replis nationalistes et communautaristes. C’est aussi grâce
à l’Europe que des questions vitales ont pu échapper au carcan des intérêts et
des égoïsmes nationaux et trouver des débuts de réponse allant dans le sens de
l‘intérêt général. L’Europe a su par exemple se placer à l’avant-garde dans la
lutte contre le réchauffement climatique et les objectifs du paquet
énergie-climat sont les nôtres, l’Europe a su mettre en oeuvre une protection
efficace des espaces naturels sur son territoire, l’Europe a eu le courage
d’imposer le début d'une réglementation contraignante à l’industrie chimique…
Plus que jamais, nous avons besoin d’Europe : parce que c’est au niveau
européen que se prend aujourd’hui la majeure partie des décisions politiques,
touchant à tous les aspects de la vie des citoyens, parce qu’elle constitue
notre meilleur socle pour répondre aux enjeux de l’époque et lancer des
politiques transnationales ambitieuses, parce qu’elle pourrait être le meilleur
défenseur des droits sociaux et de l’environnement et opposer un modèle de
société alternatif à celui de la mondialisation libérale, parce que nous sommes
convaincus que les Etats-nations n’offrent qu’une réponse de plus en plus
partielle et inadaptée aux risques globaux auxquels nos sociétés sont
confrontées. Mais l'Union européenne n'apparaît plus comme une entité capable
de réguler les équilibres mondiaux selon des critères de justice sociale et
d’environnement. Ses dérives libérales tendent à l’assimiler à un simple
épiphénomène d’une globalisation chaotique, voire même à un accélérateur de
celle-ci. D’autant plus que les peuples boudent l’Europe parce qu’ils ne se
reconnaissent pas dans ses institutions sans visage. Comment s’en étonner, dès
lors qu’on leur parle surtout de compétitivité et de concurrence, comme si le
marché pouvait à lui seul tenir lieu d’horizon ? L’Europe est plus
présente dans leur vie pratique que dans leurs cœurs. Ils attendent
légitimement un projet qui les fédère et leur ouvre l‘horizon. Le moment est
venu pour que les Européens s’emparent et s’identifient à la perspective
politique d’une Europe solidaire et durable. En installant la mutation
écologique et sociale comme colonne vertébrale de la communauté de destin des
peuples européens, l’Europe deviendrait le moteur d’un nouveau foyer de
civilisation. Soyons lucides mais n’ayons pas peur. La crise globale qui menace
la civilisation humaine peut être surmontée. Sauf à consentir honteusement au
désastre, l’humanité se trouve dans l’obligation de réagir et de changer de
cap. Elle en a les moyens. Il lui manque l’objectif. L’intensité de la crise
offre paradoxalement une opportunité historique de jeter les bases d’un nouveau
monde en puisant dans les meilleures valeurs du patrimoine humain, de mobiliser
les intelligences et les énergies pour encourager leur créativité, de rénover
la démocratie et de réhabiliter la politique. Avec l’Europe écologique et
sociale, nous avons l’occasion de reprendre en main notre destin pour vivre
mieux. A nous tous de la saisir !
Ont participé à la rédaction de ce manifeste les membres du comité de
campagne du rassemblement : François Alfonsi, Danielle Auroi, Jean Paul
Besset, Michel Bock, Sylvie Bouleau, José Bové, Yves Cochet, Daniel Cohn
Bendit, Cécile Duflot, Pascal Durand, Patrick Farbiaz, Hélène Gassin, Jérôme
Gleyses, Rémi Guerber, Marie Isler Beguin, Yannick Jadot, Bernard Jomier,
Didier Jouve, Erwan Lecoeur, Patrice Miran, Denis Pingaud, Marianne
Robert-Kerbrat, Jean Marc Salmon, Agnès Sinaï, Antoine Waechter, Toufik
Zarrougui.